« Dansez, dansez sinon nous sommes perdus »
Pina Bausch
Formé en Arts du Spectacle à Rennes 2 à partir de 1993, il y effectue des stages jusqu’à la fin de son cursus en 2000, notamment auprès de Stanislas Nordey, Claire-Ingrid Cottenceau, Didier-Georges Gabily, Hervé Lelardoux, Madeleine Louarn, Nicolas Bouchaud et Eric Louis. En parallèle, au sein de l’Association étudiante Amphi-Théâtre, il joue dans diverses créations et approfondit ses compétences de comédien. Il y crée aussi différents spectacles et y découvre la direction d’acteur et le travail de mise en scène. Par la suite, il aura l’occasion de travailler et de continuer à se former auprès de différents metteurs en scènes, chorégraphes, réalisateurs et directeur artistiques : Laurence Ferreira Barbosa, Isabelle Catalan (Cinéma), Thierry Bäé (Danse, Clown, Masque), Loic Touzé, Catherine Legrand (Danse), Anton Milenin (Théâtre).
En tant que comédien, il travaillera ensuite notamment au théâtre avec Benjamin Guyot, Madeleine Louarn, Delphine Bailleul, Benoît Gasnier, Clyde Chabot et Massimo Dean, et devant la caméra avec Damien Berranger et Julien Touret, Grégory Aubert, Arnault Labaronne, Dominique Farrugia et Karim Adda. Plus tard, diverses collaborations ou stages avec des artistes chorégraphiques, comme Allessandra Piccoli, Fabienne Compet, Hélène Paris, renforcent une intuition : le travail du corps est primordial. C’est aujourd’hui encore, en tant que comédien aussi bien que metteur en scène, au cœur de son travail. Dernièrement, il a joué dans « The Aliens » (2017-2019) et « Killology » (2023-2025) mis en scène par Benjamin Guyot, compagnie Public Aléa, dans « Oui ! Variation aurour d’une noce » (2018-2020) mis en scène par Gaël Guillou-Castel, La Caravane compagnie, dans « Conférence sur la pomme » (2025) et dans « Le Banquet des Utopistes » (2022-2023) mis en scène par Delphine Bailleul, compagnie Mirelaridaine.
Il a mis en scène depuis 1994 à L’Université et depuis 1997 dans différentes structures des groupes amateurs de tous âges. Il travaille notamment avec un groupe adulte à la Paillette (2000-2007) avec lesquels il mettra en scène différents projets notamment « Chutes » de Gregory Motton et « Le temps de Planck » de Sergi Belbel. Puis entre 2010 et aujourd’hui, toujours à la Paillette il met en scène un groupe étudiant ( par exemple « Peanuts » de Fausto Paravidino, ou encore « Roberto Zucco » de Bernard-Marie Koltès) et travaille avec Rozenn Tregoat sur le projet Théatromobile, théâtre itinérant avec des adolescents pendant plusieurs étés ; Des pièces telles que « Forfanteries » d’Olivier Coyette et « Le songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare seront montées et jouées en tournée. Paralléllement, il travaille avec le TNB dans différents lycées rennais et notamment Bréquigny avec l’option théâtre depuis plusieurs années. Il rejoint les ateliers du Théâtre du Cercle à la fin de l’année 2014 où il met en scène un groupe adute jusqu’en 2023. Parmi quelques unes de ses créations lors de cette période, on peut citer « Le baiser de l’oubli » de Botho Strauss et « Vera » de Petr Zelenka. Enfin, depuis 5 ans désormais, il met ou co-met en scène à l’Adec différents textes contemporains, tels que « La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé » de Michel-Marc Bouchard et « Femme non-réeducable » de Stefano Massini.
Quelle est la rencontre artistique qui t’a marquée ?
C’est difficile d’en choisir une mais je crois quand même qu’une de mes expériences théâtrales la plus marquante a eu lieu lors d’un stage sur Roberto Zucco avec Anton Milenin, metteur en scène russe venu jouer cette pièce en France avec une troupe italienne. Je crois bien n’y avoir rien compris ! Et donc, comme toujours lorsqu’on lâche le sens, des portes se sont ouvertes. C’est quelqu’un qui travaille vraiment en profondeur avec les comédiens, et qui est capable au bout d’une semaine de travail de nous proposer de venir jouer une scène dans la pièce aux côtés des comédiens italiens ! Une folie, et en même temps une pensée forte et une intelligence de plateau rare. Ces sensations nouvelles au plateau et la prise de conscience liée a ce travail très particulier m’ont bouleversé.
Comment définis-tu ton travail artistique avec les comédiens amateurs ?
Je travaille avec eux sur le corps, la conscience de l’espace et la présence au plateau, plus que sur le texte. D’abord, il y a le corps, là, et peut-être ensuite ça parle. Donc, j’insiste sur cet aspect, et aussi sur l’importance du jeu, du plaisir de jouer à être, soi, autre, les autres soi, totalement, en toute liberté : prendre cette liberté, ce plaisir immense, et ce pouvoir bien sûr. Pouvoir être, totalement, librement, monstrueusement. Il me semble que c’est ce qui fait la beauté du théâtre. Être là, ici et maintenant, et vivre. Avec toute l’intensité démesurée que permet la scène. C’est sans doute au moins en partie ce que l’on vient chercher lors de la pratique d’une activité artistique et notamment au théâtre.

Laisser un commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.