« Le plus petit personnage peut aussi toucher les étoiles »
Klaus Michael Grüber
Après des études littéraires à Bordeaux (CPGE, Licence de lettres Modernes), Eli continue le théâtre au Conservatoire de Bordeaux. Il intègre l’Ecole du Théâtre National de Bretagne en 2021. Pendant l’école, il travaille notamment avec Arthur Nauzyciel, Laurent Poitrenaux, Marie-Sophie Ferdane, Phia Ménard, Steven Cohen, Guillaume Vincent et d’autres artistes associés au TNB. Pendant l’école, il est interprète pour Ludovic Lagarde (Sallinger, Koltès), puis à sa sortie en 2024 pour Pascal Rambert (Dreamers #2), et Madeleine Louarn (Daedalus).
Egalement danseur, il pratique la danse contemporaine et travaille sur des formes mêlant le théâtre, la danse et le cinéma.
Comment définissez-votre votre travail artistique avec les comédiens amateurs ?
Le premier objectif est la rencontre et la création d’un groupe de travail dans un cadre bienveillant et stimulant. Je propose aux jeunes une aventure pleine de joie, de rêves, de rencontres, d’inspirations, de partage et de créativité pour que le théâtre soit un propulseur de vie. J’aime que le jeu soit un plaisir, une manière de prendre conscience de soi et des autres, de se rencontrer dans la puissance et la fragilité, se parler dans le silence, s’écouter avec le corps, se regarder avec attention et se comprendre par les émotions. Le théâtre est une aventure qui met en jeu sa sensibilité personnelle et mon objectif est de permettre à chacun d’explorer son rapport intime au théâtre. Chacun peut inventer et rencontrer son propre imaginaire en créant des personnages, en plongeant dans des fictions. Je crois à l’imagination débordante des jeunes et je les pousse à la développer, prendre confiance et la partager aux autres, puis la rendre concrète dans leur corps et l’espace de la scène.
Le théâtre est le lieu de tous les possibles. J’aime relier le jeu théâtral à la danse, la musique, la littérature, le cinéma ou la peinture pour développer une sensibilité artistique propre à chacun.e. Un texte, une musique, une image ou un geste. Comment représenter ce qu’on ressent au théâtre ?
Monter une pièce c’est comme construire une maison où chaque métier permet de solidifier et équilibrer la construction. Dans un groupe, chacun est différent mais tout le monde est complémentaire, et encore plus au théâtre. C’est un travail collectif où chacun apprendra et s’inspirera des autres pour comprendre que le théâtre se joue à plusieurs et se partage.
Le théâtre est un savoir vivre ensemble mais aussi une grande aventure joyeuse, drôle et touchante.
Quelle est la rencontre artistique qui t’a marquée ?
Au TNB, j’ai rencontré Steven Cohen qui nous a proposé de créer une performance. Il m’a appris que la scène est le lieu où l’on peut toucher le public en étant le plus proche de soi-même et de sa sensibilité. Tant que ça a du sens pour toi, alors ça en aura pour le public qui te regarde et t’écoute.